ESCAPADE DE 2 JOURS DANS LE MASSIF DE L’ANKARATRA ET DU MONT IBITY

7 juin 2026 Par mahefa Non

Le massif de l’Ankaratra, perché au cœur des Hautes Terres malgaches, est l’un de ces lieux rares où l’on ressent immédiatement que le temps ralentit. Depuis la région du Mont Ibity, à seulement 25 km d’Antsirabe et environ 180 km d’Antananarivo, commence une aventure de 2 jours et 1 nuit qui marque autant le corps que l’esprit.

Dès les premiers pas, la randonnée dévoile une mosaïque de paysages : prairies dorées, roches volcaniques, vallons secrets et forêts d’altitude où se cachent une faune discrète mais fascinante. On y croise parfois le fody rouge, des rapaces planant au-dessus des crêtes, ou encore de petites grenouilles endémiques nichées près des sources. La flore, elle, alterne entre bruyères, plantes médicinales, lichens argentés et arbustes battus par le vent, témoins de la rudesse du climat.

La montée demande un effort contrôlé, un rythme que chacun trouve en écoutant son souffle. C’est une rencontre avec soi-même : on avance, on se dépasse, on se surprend. Et plus on grimpe, plus le silence devient profond, presque sacré.

En fin de journée, l’expérience prend une dimension humaine inoubliable. Selon les envies, on peut planter le bivouac sur un plateau ouvert ou dormir chez l’habitant dans un petit village perché. Les familles accueillent avec une chaleur désarmante : un sourire, un feu qui crépite, un repas simple mais généreux, des histoires racontées en malgache ou en français. Ce moment de partage est souvent ce que les voyageurs retiennent le plus.

Puis vient la nuit. Là-haut, loin de toute pollution lumineuse, le ciel se transforme en cathédrale d’étoiles. La Voie lactée apparaît comme un nuage lumineux traversant le firmament. On s’allonge, on respire l’air froid, et on se sent minuscule et vivant à la fois. C’est un spectacle que l’on n’oublie jamais.

Au lever du soleil, les crêtes de l’Ankaratra s’embrasent de rose et d’or. Le retour se fait dans un calme apaisant, avec la sensation d’avoir vécu une parenthèse hors du monde : un dépaysement total, une immersion dans la nature sauvage, et une rencontre profonde — avec les autres, et avec soi-même.