TOURISME : GUIDE DU ROVA MANJAKAMIADANA – ROVAN’I MADAGASIKARA – PALAIS DE LA REINE ANTANANARIVO

7 juillet 2024 Par mahefa Non

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Présentation du Rova Manjakamiadana

Le Palais Manjakamiadana, situé à Antananarivo, Madagascar, est un monument historique emblématique. Ce site historique est connu pour sa forme pentagonale et son emplacement stratégique au sommet de la colline Analamanga, dominant la capitale.

Le nom « Manjakamiadana » est d’origine malgache et a une signification profonde.

Voici ce que cela représente :

« Manjaka » signifie « Roi » ou « Souverain ». C’est un terme qui évoque le Pouvoir et la Royauté.

« Miadana » se traduit par « Bleu ». Cela peut symboliser la couleur du ciel, la Sérénité ou la Noblesse.

Ainsi, « Manjakamiadana » peut être interprété comme « le Palais du Roi » ou « la Résidence Royale ».

C’est un lieu de grande importance dans l’histoire de Madagascar, associé aux souverains et à leur autorité.

Son Origine

Il est important de distinguer l’enceinte du Rova du palais de Manjakamiadana lui-même. Voici quelques informations pour clarifier les dimensions :

Le palais de Manjakamiadana :

Le palais original en bois, construit par Jean Laborde, mesurait environ 32 mètres de long sur 22 mètres de large.

Le palais extérieur en pierres, conçu par James Cameron, englobe le palais en bois.

L’enceinte du Rova :

Le Rova est situé au sommet de la colline d’Analamanga, et son enceinte englobe plusieurs bâtiments, cours et lieux sacrés. Il est donc difficile de donner une superficie précise.

Le Rova a évolué au fil des siècles, chaque souverain ajoutant des constructions, ce qui a modifié ses dimensions.

L’enceinte du Rova comprend un ensemble de petits palais, de pavillons et de monuments.

Information complémentaire :

Le Rova d’Antananarivo domine la ville d’une hauteur de 200 à 250 mètres.

Le Palais Manjakamiadana, également appelé Anatirova, a été construit au XVIIIe siècle sous le règne du roi Andrianampoinimerina et a servi de résidence royale aux souverains du Royaume de l’Imerina.

Le palais était un symbole de pouvoir et de prestige, avec ses structures en bois sculpté et ses toits de chaume.

La Monarchie Merina

Plusieurs souverains malgaches ont résidé au Palais Manjakamiadana, dont le roi Radama Ier et la reine Ranavalona Ière.

Le palais était le lieu de cérémonies, de réceptions diplomatiques et de décisions politiques importantes.

Le palais en bois d’origine a été érigé entre 1839 et 1841 pour la reine Ranavalona I par le Français Jean Laborde.

En 1867, l’Écossais James Cameron l’a enveloppé de pierre pour la reine Ranavalona II.

À proximité se trouve le Tranovola, un autre palais en bois construit en 1819 pour le roi Radama I.

Le Tranovola a inspiré l’architecture des maisons à deux étages avec vérandas dans les hauts plateaux malgaches.

Les souverains Malagasy Merina

Andrianampoinimerina (vers 1787-1810)

Andrianampoinimerina est la figure centrale du Rova d’Ambohimanga, où il naquit et d’où il lança son projet d’unifier l’Imerina avant de devenir l’un des plus grands souverains de Madagascar.

Au Rova d’Ambohimanga, il élabora sa vision d’un royaume « dont les seules limites seraient la mer ». Roi d’Ambohimanga puis de l’Imerina de 1787 à 1810, il réforma le pouvoir, renforça l’autorité royale et posa les bases de l’unité politique malgache.

Radama I (1810 à 1828)

Radama Iᵉʳ, fils d’Andrianampoinimerina, régna de 1810 à 1828 et fut le premier souverain malgache reconnu internationalement comme “Roi de Madagascar”.

Radama Iᵉʳ, né vers 1793 à Ambohimanga, monta sur le trône à 17 ans après la mort de son père. Il poursuivit l’unification du royaume merina et engagea une politique d’ouverture diplomatique, notamment avec la Grande-Bretagne, qui reconnut officiellement son titre en 1820.

Sous son règne, Madagascar connut une modernisation de l’armée et l’introduction de l’enseignement occidental grâce aux missionnaires de la London Missionary Society .

Son règne, bref mais décisif, posa les bases d’un État centralisé et d’une nouvelle ère politique pour Madagascar.

Ranavalona I (1928-1861)

Ranavalona I (1828–1861) fut l’une des souveraines les plus marquantes et controversées de Madagascar, connue pour sa politique d’isolement destinée à protéger le royaume des influences européennes.

Reine née Ramavo, elle accéda au trône après la mort de Radama I. Son règne se caractérisa par une résistance farouche aux puissances étrangères, une volonté de préserver les traditions malgaches et une centralisation autoritaire du pouvoir.

Elle renforça l’armée, limita l’influence occidentale et persécuta les chrétiens, perçus comme une menace pour la souveraineté du royaume.

Aujourd’hui, elle demeure une figure ambivalente : tyrannique pour certains, patriote visionnaire pour d’autres.

Radama II (1861-1863)

Radama II, qui régna de 1861 à 1863, est l’un des souverains les plus singuliers de Madagascar : un roi jeune, idéaliste et réformateur, dont le règne bref ouvrit le pays aux influences étrangères.

Radama II, né le 23 septembre 1829, succéda à sa mère Ranavalona I. Contrairement à elle, il adopta une politique d’ouverture, cherchant à moderniser Madagascar et à équilibrer les relations entre puissances françaises et britanniques.

Son règne fut marqué par des réformes progressistes, mais aussi par de fortes résistances internes. L’opposition de la noblesse conservatrice mena à son renversement et à son assassinat en 1863, mettant fin à une période charnière de transition politique.

Rasoherina (1863-1868)

Rasoherina, née Rabodozanakandriana en 1814, régna sur Madagascar de 1863 à 1868 après l’assassinat de Radama II, son époux.

Son règne marqua une période de transition délicate : elle monta sur le trône avec l’appui de la noblesse et gouverna sous l’influence de ses Premiers ministres et époux successifs, Rainivoninahitriniony puis Rainilaiarivony.

Rasoherina chercha à stabiliser le royaume, à rétablir des relations diplomatiques plus équilibrées avec les puissances étrangères et à apaiser les tensions internes laissées par le règne précédent. Elle mourut en 1868, laissant place à Ranavalona II.

Ranavalona II (1869-1883)

Ranavalona II, née Ramoma en 1829, régna sur Madagascar de 1868 à 1883 et marqua profondément l’histoire du royaume par l’accélération de son occidentalisation.

Ranavalona II succéda à sa cousine Rasoherina et gouverna aux côtés de son Premier ministre et époux Rainilaiarivony, dont l’influence fut déterminante. Son règne vit l’abandon progressif des croyances royales ancestrales, l’adoption officielle du christianisme et l’introduction de nombreuses réformes modernisatrices.

Cette période transforma durablement la société malgache, ouvrant davantage le pays aux influences étrangères, notamment britanniques.

Ranavalona III (1883-1897)

Ranavalona III, dernière souveraine de Madagascar, régna de 1883 à 1897 et incarne la fin de la monarchie malgache face à la colonisation française.

Née Razafindrahety en 1861, elle monta sur le trône avec l’appui du Premier ministre Rainilaiarivony, qu’elle épousa. Son règne fut marqué par une résistance diplomatique et symbolique aux pressions françaises, mais aussi par une modernisation prudente du royaume.

En 1896, Madagascar fut annexé par la France et la reine fut déposée, puis exilée à La Réunion et en Algérie, où elle mourut en 1917.

Ranavalona III demeure une figure poignante de dignité et de résilience dans l’histoire malgache.

Le Temple Protestant

Le temple protestant du Rova Manjakamiadana est l’un des édifices les plus symboliques de l’enceinte royale : il marque l’entrée officielle du christianisme au cœur du pouvoir merina et témoigne d’une profonde transformation politique et spirituelle du XIXᵉ siècle.

Un monument chargé d’histoire

Édifié en 1880, le temple protestant se dresse à l’extrémité du vaste plateau du Rova, près du mur d’enceinte. Il occupe l’emplacement d’une ancienne maison de Ranavalona II, la souveraine qui fit du christianisme la religion officielle du royaume. Son architecture, de style roman, contraste avec les constructions traditionnelles du site et symbolise l’ouverture du pouvoir royal aux influences occidentales.

Un lieu de culte royal

Les deux dernières reines, Ranavalona II et Ranavalona III, ainsi que le Premier ministre Rainilaiarivony, y assistaient régulièrement aux offices. Le temple devint ainsi un espace spirituel central, où se mêlaient foi, politique et affirmation de la modernité.

Un témoin de résilience

Bien qu’ayant survécu à l’incendie de 1995 qui ravagea une grande partie du Rova, le temple reste un symbole de continuité. Il rappelle la période où Madagascar redéfinissait son identité entre traditions ancestrales et influences chrétiennes.

Aujourd’hui, il demeure un lieu de mémoire, de recueillement et un repère majeur dans la compréhension de l’histoire du royaume merina.

Les Tombeaux Royaux

Les tombeaux royaux du Rova Manjakamiadana constituent l’un des ensembles funéraires les plus emblématiques de l’histoire merina. Ils rassemblent les dépouilles des souverains qui ont façonné le royaume et incarnent la continuité dynastique au cœur même de la colline royale d’Antananarivo.

On peut y voir plusieurs tombeaux qui dont le premier renferme les corps des 4 reines Malagasy et le second y héberge le fameux Roi Andrianampoinimerina. Puis derrière, il y a sept autres tombeaux en bois qui renferment les corps des autres anciens souverains.

Le tombeau des Rois, construit en pierre en 1828, fut initialement érigé pour accueillir Radama I. Il se distingue par sa structure massive et sa tranomanara, petite maison froide posée au-dessus du caveau. À la fin du XIXᵉ siècle, les autorités coloniales y transférèrent également les restes d’Andrianampoinimerina et de Radama II, renforçant la dimension symbolique du lieu.

Le tombeau des Reines, édifié en 1868, adopte une architecture plus légère, en bois, avec un toit à quatre pans. Il abrita d’abord Rasoherina, puis devint le lieu de repos des trois grandes souveraines Ranavalona I, II et III, dont les cendres furent réunies au fil du temps.

Ces tombeaux ne sont pas seulement des sépultures : ils représentent la mémoire vivante de la monarchie malgache, un espace où se mêlent respect des ancêtres, histoire politique et identité nationale. Ils demeurent aujourd’hui un lieu de recueillement et un symbole majeur du patrimoine de Madagascar.

Les sept tombeaux du Rova Manjakamiadana forment un ensemble funéraire unique, témoignant de la continuité et du prestige de la monarchie merina. Ils regroupent les sépultures de plusieurs rois, reines et membres de la famille royale, chacun occupant un emplacement précis selon le rang et les traditions ancestrales.

Parmi eux se distinguent les tombeaux majeurs des Rois et des Reines, auxquels s’ajoutent cinq autres tombeaux destinés aux princes, princesses et dignitaires proches du pouvoir.

Ces monuments, mêlant pierre, bois et symboles royaux, incarnent la mémoire dynastique et la sacralité du Rova, véritable cœur historique de Madagascar.

L’Incendie du 6 novembre 1995

Un feu dévastateur a éclaté au Palais Manjakamiadana ; les flammes ont rapidement englouti le toit et les structures en bois, détruisant une partie importante du palais.

L’origine de l’incendie n’a jamais été clairement établie, mais il a laissé la population de Tananarive consternée et attristée.

Vues panoramiques

Le Palais Manjakamiadana est perché sur l’une des plus hautes collines d’Antananarivo, offrant une vue panoramique imprenable sur la ville et ses environs.

A Nord du Palais :

A l’Ouest du Palais :

A l’Est du Palais

A Sud du Palais :

Réhabilitation

Depuis l’incendie de 1995, des travaux de rénovation ont été entrepris pour restaurer le palais.

Les efforts se poursuivent encore aujourd’hui pour restaurer les parties endommagées et préserver ce patrimoine national.

A l’intérieur de l’édifice, vous pouvez admirer une nouvelle salle d’exposition dédiée à l’ancienne Ranavalona III qui a été exilée lors de la période de la colonisation Française. et au 2ème étage, il y a des nombreux reliques et objets historiques des souverains.

Le nouveau Coliséum

Le Coliséum du Rova Manjakamiadana, inauguré en 2020, est un vaste amphithéâtre moderne construit au cœur même de la colline royale d’Antananarivo. Pensé comme un espace culturel et événementiel, il devait accueillir cérémonies officielles, spectacles et rassemblements nationaux.

Son architecture en béton, massive et contemporaine, contraste fortement avec les matériaux traditionnels et l’esthétique historique du Rova, ce qui a immédiatement suscité un débat national.

La controverse repose sur plusieurs points. D’abord, de nombreux historiens, architectes et citoyens ont dénoncé une construction jugée incompatible avec un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, craignant une altération de son authenticité. Certains y ont vu une rupture symbolique avec l’héritage merina, estimant que l’édifice ne respecte ni les formes, ni les codes, ni l’esprit du lieu.

D’autres critiques ont porté sur le manque de concertation publique et sur la priorité donnée à un projet monumental plutôt qu’à la restauration complète des bâtiments historiques endommagés, notamment après l’incendie de 1995.

Pour ses défenseurs, le Coliséum représente au contraire une volonté de redonner vie au Rova en y intégrant des usages contemporains.

Aujourd’hui encore, il demeure un symbole de la tension entre modernisation et préservation patrimoniale à Madagascar.

Conclusion

En somme, le Palais Manjakamiadana est un témoin précieux de l’histoire de Madagascar ; il est le gardien de secrets et de souvenirs qui continuent d’intriguer les esprits curieux.

Le Rova Manjakamiadana est le palais royal emblématique d’Antananarivo, perché au sommet de la colline d’Analamanga. Il fut la résidence des souverains merina du XVIIᵉ au XIXᵉ siècle et constitue le cœur politique et spirituel de l’ancien royaume.

Construit à l’origine par le roi Andrianjaka, il s’est enrichi au fil des règnes de palais, tombeaux et bâtiments symboliques. Partiellement détruit par l’incendie de 1995, il fait depuis l’objet d’importantes restaurations.

Aujourd’hui, le Rova demeure un lieu de mémoire nationale, témoin majeur de l’histoire malgache et symbole de fierté et d’identité.

Que vous soyez passionné d’histoire ou simplement désireux de découvrir ce site exceptionnel, le Palais Manjakamiadana vaut vraiment le détour lors de votre visite à Antananarivo !

M.R (07/07/2024)

Horaires & Tarifs

Ouvert du Lundi au Dimanche sauf le Mardi
Durée de la visite : 1-2 heures
Horaires : 09h00 – 16h00
Prix : 20.000Ar (Extérieur seulement) – 40.000Ar (Intérieur + Extérieur)

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